25 septembre 2018

Logement d'abord : un juste principe contredit par les choix budgétaires

Quel gouvernement croire ? Celui qui, dans le plan « Logement d'abord » (1), décide d'augmenter la production de logements très sociaux ou celui – le même - qui puise 1,5 milliard dans le portefeuille des organismes Hlm en 2018, puis en 2019, les contraignant à annuler l'essentiel de leurs projets de production ? Celui qui souhaite que davantage de ménages sans domicile soient directement accueillis comme locataires ou celui qui, en obligeant les Hlm à supporter le coût de la réduction de l'APL, les dissuade de loger les plus pauvres ?

Autre plan dont on attendait beaucoup, le plan de lutte contre la pauvreté, présenté par le Président de la République le 13 septembre, comprend également une menace pour le « Logement d'abord » : il annonce la fusion des minima sociaux « du RSA aux APL » dans un « revenu unique d'activité ». Or l'APL n'est ni un minimum social, ni un revenu d'appoint, mais une aide dédiée, calculée en fonction du loyer et exclusivement réservée à son paiement. Elle est d'ailleurs le plus souvent versée en tiers payant au propriétaire (2). L'aide au logement est une garantie, partielle mais bien réelle, pour le propriétaire qui loge des ménages à faibles ressources. Sans elle, que devient le principe du « Logement d'abord » ?

Garant du droit au logement, l'État se doit de préserver et renforcer les outils de solidarité indispensables à sa mise en œuvre.

 

(1) Plan quinquennal 2018-2022 pour le logement d'abord

(2) C'est systématiquement le cas s'il s'agit de l'APL (aide personnalisée au logement), qui concerne les logements sociaux et les logements privés conventionnés ; c'est le cas aussi pour l'allocation logement, qui concerne le reste du parc privé si le locataire en est d'accord ou s'il est en impayé.